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Progressivement, la vieillesse entraîne des modifications sur l’ensemble de l’organisme. Mais si elles sont mal appréciées, ces modifications peuvent conduire à de sévères risques
La dénutrition
Quelles sont les modifications physiques ?
— Les problèmes dentaires modifient les capacités masticatoires et par conséquent le choix des aliments, justifiant produits mixables et purées.
— Une altération de la muqueuse de la bouche et la baisse des sécrétions salivaires ont tendance à modifier le régime alimentaire, le choix se portant sur des produits sucrés et riches en amidon.
— Le ralentissement du transit intestinal par diminution des contractions de la paroi intestinale entraîne un risque de constipation et d’infections.
— La diminution de sucs gastriques (enzymes, baisse de l’acidité gastrique), entraîne des troubles de la digestion (lenteur digestive ou mal digestion).
— Les problèmes cognitifs (démences) modifient le lien logique entre la faim et le fait de manger. Les dénutritions, dans ce cas, sont très fréquentes et causes de décès.
— Les troubles psychiatriques, la dépression, inhibent les besoins alimentaires (à l’exception des réactions boulimiques de certaines maladies).
— Les modifications du goût et l’altération de l’odorat et de la vision, diminuent l’envie de manger.
Quels contextes favorisent les insuffisances alimentaires ?
— Les excès de médicaments ont souvent un effet coupe-faim. - Les problèmes financiers empêchent de diversifier et d’équilibrer son alimentation (en particulier pour les protéines animales)
— Les difficultés d’approvisionnement orientent sur des aliments en conserve et limitent l’utilisation de produits frais.
— Les régimes : l’intérêt d’un régime alimentaire drastique est rarement démontré chez le sujet âgé. De plus, les régimes sans sel ou sans sucre, entraînent une perte de l’envie et du plaisir de manger.
— La solitude : prendre son repas seul ne favorise ni l’appétit, ni la préparation de plats plus élaborés.
Quelles sont les conséquences ?
— L’augmentation de la mortalité chez les personnes dénutries, le risque de complications étant beaucoup plus élevé.
— La baisse du taux des hormones.
— Le manque en oligoéléments du à la dégradation de l’absorption digestive.
— La durée d’hospitalisation est prolongée car la maladie demandera un traitement et une surveillance prolongés.
— La perturbation de l’action des médicaments, modifiée par la modification de la muqueuse digestive (absorption diminuée) et le ralentissement du transit.
— Le ralentissement du transit par diminution des résidus alimentaires.
— L’augmentation du risque de maladies, favorisée par la diminution des anticorps et le ralentissement de leur synthèse. Les défenses immunitaires sont réduites par manque de protéines (dénutrition).
Prévention et solutions
— Surveiller le poids au moins tous les mois.
— Assurer l’hygiène de la bouche par les soins quotidiens. Faire examiner par un médecin en cas de troubles (en particulier les mycoses après antibiothérapie).
— Associer à l’alimentation classique des compléments hyper-protidiques (préparation liquide à boire, crème, poudre à mélanger aux aliments).
— Stimuler l’appétit par des plats relevés en goût, leur aspect, leur présentation.
La déshydratation
Le corps d’une personne âgée, ne contient que 50% d’eau, contre 60% chez un adulte.
Le niveau d’hydratation dépend de la respiration, de la sudation et de l’absorption des trois repas quotidiens.
Plus les systèmes nerveux et cardiovasculaires vieillissent, plus les récepteurs de la soif mettent du temps à tirer l’alarme. Ainsi la personne âgée s’hydrate mal. Elle ne boit que si son entourage l’encourage ou que quand il y a nécessité. Le rein ne peut plus concentrer les déchets de l’organisme dans un petit volume d’urine, ce qui est le cas chez une personne jeune. Même en cas de déshydratation, le rein devra, pour assumer son rôle, éliminer une quantité de liquide suffisante, accentuant ainsi le phénomène.
Facteurs aggravants
— Le café et son effet diurétique.
— L’alcool qui, en quantité importante, dérègle le « thermostat » physiologique du corps et modifie la perception de la température.
— Certains médicaments aux effets diurétiques (traitement des problèmes cardiaques par exemple).
— La diarrhée et les vomissements qui accentuent la perte en eau, sans pour autant permettre de boire davantage. - Des vêtements chauds, inadaptés mais préférés par la personne âgée indépendamment des conditions climatiques.
— La fièvre qui augmente le besoin en liquide du corps.
— La température ambiante : une canicule (ou une exposition au sud en été) comme un chauffage excessif
Quelques conseils
En cas de déshydratation, certains signes peuvent alerter l’entourage de la personne âgée tels que la somnolence, la sécheresse des muqueuses ou une fièvre inexpliquée. Si c’est le cas, il faut :
— Maintenir les locaux à température normale : chauffage maîtrisé, volets fermés en été.
— Être attentif à l’habillement de la personne âgée et à sa cohérence avec la température ambiante.
— Utiliser un ventilateur, toujours associé à un brumisateur ou à une serviette humide.
— S’assurer du volume urinaire
— Contrôler le poids : 1 litre d’eau perdu, c’est 1 kg de moins !
— Inciter à boire régulièrement, même sans soif.
— Prendre la tension artérielle. Une baisse peut survenir d’une diminution du volume liquidien circulant ; le pouls s’accélère pour compenser ce volume circulant diminué.
— Surveiller la température corporelle.
L’incontinence
Souvent considéré comme un sujet tabou, l’incontinence provient d’une mauvaise coordination du système neurologique et se manifeste par une action sur le sphincter, une sensation de remplissage de la vessie ou une contraction cohérente de la vessie.
Les chiffres
— L’incontinence urinaire touche :
- 10 % des sujets de 70 Ã 75 ans
- 25 % des sujets après 85 ans
- 50 % des sujets vivant en institution
— L’incontinence fécale touche :
- 11 % des sujets de plus de 65 ans
- 40 % des sujets vivant en institution
Quelles sont les conséquences de l’incontinence ?
L’incontinence a des conséquences fâcheuses, notamment sur le quotidien de la personne âgée. A cause de l’intimité et de la pudeur, il n’est pas toujours facile d’exprimer ses sentiments sur l’incontinence. Ainsi, ce problème est régulièrement pris en charge tardivement.
Déjà , l’incontinence isole les personnes. En effet, de peur de sentir mauvais ou que l’on constate des fuites, la personne âgée refuse souvent de participer à des activités.
Cette désocialisation s’accompagne régulièrement par une dépression. Les personnes âgées ont du mal à accepter qu’elles perdent le contrôle de leur corps.
Les chutes
Les chutes peuvent avoir de graves conséquences pour la personne âgée. De peur de tomber, le senior préférera la marche à petit pas glissé pour éviter de lever les pieds. Vu que sa mobilité est contenue, la personne âgée aura du mal à conserver des liens avec d’autres personnes. De plus en plus, elle se repliera sur elle-même et sombrera dans la dépression. En effet, en n’étant plus mobile, le senior perdra confiance en lui, se sentira inutile et se dévalorisera. 6% des chutes découlent sur une fracture dont la moitié du col du fémur. De plus, comme les automatismes de la marche s’estompent, rapidement la personne âgée devient grabataire. Puis, une personne qui chute et qui se blesse aura moins de chance de continuer à vivre à son domicile. 40% des admissions en établissement spécialisé proviennent d’une chute.
Les causes médicales
— Les atteintes cognitives (démence, Alzheimer…) modifient l’équilibre, la coordination des mouvements
— Les médicaments sédatifs réduisent la vigilance et le tonus musculaire
— Les mauvaises postures assises et debout
— La faiblesse musculaire par perte progressive des muscles
— L’hypotension orthostatique (chute de tension artérielle) se traduisant par une sensation de malaise
— Les troubles visuels (cataracte) modifient la perception des obstacles
— La déformation des pieds modifie l’appui sur le sol
— Système nerveux : perte des réflexes et dérèglement des fonctions nécessaires à l’équilibre
Quelques conseils
Quelques attentions au contexte permettent d’éviter certaines chutes :
— Habitat
- plancher inégal, tapis usés, fils électriques au sol
- escalier
- sanitaires glissants ou trop bas, mobilier inadapté
— Eclairage et troubles visuels (lunettes mal adaptées ou nouveaux verres)
— Animaux domestiques
— Habillement - chaussures, chaussons
- vêtements trop serrés gênant les mouvements
— Activités - monter sur un escabeau, un tabouret
- nettoyage
- bricolage
Les risques médicamenteux
— L’erreur de reconnaissance des médicaments génériques (la couleur et la galénique peuvent différer de celles auxquelles la personne âgée est habituée).
— L’acceptation variable selon la forme galénique, l’état de la bouche, ou les troubles de déglutition (risque de fausse-route).
— Les nombreux médicaments : l’association de plusieurs médicaments peut engendrer des effets indésirables imprévus (iatrogénie).
— L’inadaptation des posologies au poids et à la fonction rénale chez le sujet âgé.
— Modification de l’action et de la tolérance des traitements en cas de déshydratation et/ou dénutrition.
— Les troubles cognitifs, visuels et mnésiques provoquent des erreurs de prise et de posologie.
— Amplification des effets secondaires chez le sujet âgé.
La sédentarité
La sédentarité n’est pas un risque, mais un facteur aggravant. Quelle qu’en soit la cause, elle accentue les problèmes déjà existants et entraîne :
- La perte des muscles par absence de stimulation (amyotrophie)
- Les troubles circulatoires liés au manque de contractions musculaires
- Le risque de problème de peau déclenchée par l’absence d’irrigation sanguine dans la zone d’appui (type escarre au niveau des talons, sacrum, épaules)
- La prise de poids avec une augmentation par excès de graisse, et une baisse de la masse musculaire
- Le risque d’ankylose (perte de souplesse articulaire) aggravé par l’amyotrophie.

