Accueil > Au service des aidants > Le conseil de la semaine
Au service des aidants Le conseil de la semaine

Adopter les « techniques de survie militaires » pour prendre soin de nous

Date de mise à jour : 13 mai 2013

Nous connaissons tous le conseil « bien prendre soin de nous ».

Nous avons tous entendu ou lu l’importance de bien manger, de manger sain, de faire de la méditation, des exercices physiques, de la marche, ou encore de prendre un long bain chaud ou de se faire plaisir en achetant quelque chose que nous aimons bien.

Mais lorsque nous ne sommes plus en état d’entendre ces conseils ou de les appliquer, quand nos journées et nos nuits ne sont rythmées que par le stress et l’épuisement, il nous faut trouver d’autres manières de conserver ou de recouvrer l’énergie et la clarté d’esprit indispensables pour nous et pour le proche dont nous nous occupons.

C’est alors que les techniques de « survie » appliquées par les soldats au combat peuvent nous être utiles.

Les soldats au combat ne prennent pas le temps de manger « sainement », ils n’ont pas de temps pour « méditer », non, ils appliquent simplement des techniques qui leur sont apprises pour le combat : affronter le danger en face, s’appuyer sur les soldats proches d’eux, maîtriser leurs plus grandes peurs.

Nous n’avons pas plus de possibilité de changer la maladie ou la dépendance du proche dont nous nous occupons que le soldat de changer l’attitude des ennemis qu’il combat. Mais nous pouvons adopter quelques unes des techniques militaires pour affronter des situations qui nous dépassent ou extraordinairement exigeantes.

Dresser la liste de toutes les tâches dont nous sommes responsables

Dresser la liste de toutes les tâches dont nous sommes responsables permet de prendre du recul et de regarder « objectivement » la situation que nous affrontons.

Par exemple, cette liste peut inclure la surveillance de la prise des médicaments, les piqures, les courses, la préparation des repas, sortir le chien, le ménage, l’entretien du jardin, la conduite du proche à ses rendez-vous avec les docteurs ou pour ses dialyses, l’emploi salarié temps complet pour les ressources financières du foyer, etc.

Le plus souvent, la lecture de cette liste nous montre immédiatement pourquoi nous sommes complètement épuisés ! Et en même temps, il n’y a pas de possibilité de retraite, nous sommes bien obligés d’affronter toutes ces responsabilités. Le fait même de regarder objectivement ce que nous avons à faire et de réaliser ce qui est le plus urgent peut réduire sensiblement le niveau d’anxiété que nous avons.

Déléguer certaines tâches

Cette liste des tâches dont nous sommes responsables montre en général pourquoi il est totalement impossible de vouloir faire tout tout seul.

Si bien que toute personne dans notre entourage nous proposant son aide doit être accueillie par nous avec un grand « Oh oui, volontiers ! ».

Ensuite, nous devons être en mesure de lui proposer une liste de tâches et la laisser choisir celle qui lui parait la plus réalisable. Les courses, le passage à la pharmacie pour réapprovisionner les médicaments, le ménage, la préparation de repas, toutes ces tâches qui prennent beaucoup de temps mais qui ne portent pas une charge émotionnelle très forte peuvent facilement être « déléguées ».

Et lorsque des amis, des membres de la famille ou des aides professionnelles sont au domicile auprès de notre proche, il n’y aucune obligation pour nous de rester mais au contraire, c’est l’occasion d’en profiter pour prendre du temps pour nous ou de faire quelque chose de nécessaire.

Faire confiance

Avoir bien conscience de tout ce qui est à faire, déléguer des tâches ou supprimer celles qui ne sont pas absolument nécessaires doit nous redonner de l’énergie. Mais un des points clés appris par les militaires est de faire une confiance totale à ce qui leur est appris pour maîtriser leurs peurs et bâtir leur résistance interne face au danger.

Beaucoup d’entre nous qui accompagnons un proche en fin de vie n’ont pas tellement « peur de sa mort », nous savons que tôt ou tard cela se produira, mais nous avons peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas pouvoir soulager sa souffrance, peur de voir cette souffrance. Et il peut nous arriver de « sur-réagir » vis-à-vis de notre proche justement en raison de notre peur : vouloir anticiper toute demande de sa part, constamment lui demander s’il veut ci, s’il veut cela.

Prendre du recul et nous demander ce dont NOUS avons besoin peut être le « bon changement à opérer ». Nous écouter, nous faire confiance sur nos besoins est essentiel. Prendre du recul et laisser notre proche nous dire ce dont il a besoin quand il en a besoin est une manière de lui faire confiance.

Cette façon de procéder peut réduire à la fois notre stress et nos peurs. Cela peut également nous amener à retrouver des moments de proximité avec le proche dont nous nous occupons, puisque notre stress et nos peurs ont diminué.

Le conseil pratique de la semaine est rédigé à partir des messages les plus lus ou échangés entre aidants sur ce forum, et qui se prêtent le mieux à une présentation sous cette forme de conseil pratique.


Votre commentaire ne sera visible sur ce site qu'après validation par le modérateur

  • Les commentaires sont limités à un maximum de 1500 caractères.

Qui êtes-vous ? (optionnel)